Suivre une méthode en équitation sur le blog équestre Instant Équin avec Hero de Garros et Tao

J’avais envie, aujourd’hui, de parler méthode. Nous sommes tous le résultat d’un apprentissage plus ou moins bien mené, avec ses failles, ses qualités, et pour lequel nous sommes le principal acteur.

L’apprentissage peut se mener avec un unique professeur-référent, dont on boit alors les paroles (au moins au début) et, bien que l’on remette parfois certaines méthodes ou croyances en question, on se calque généralement sur les apprentissage transmis.

C’est OK de se revendiquer d’une méthode.

Par exemple, si je devais donner un exemple : je suis comédienne amateure, mais je n’ai eu qu’un seul professeur de théâtre dans ma vie, celui avec qui j’ai commencé le théâtre et avec lequel je continue aujourd’hui de prendre des cours. Je suis son parfait reflet, même si je ne suis pas toujours d’accord avec lui. J’applique ce qu’il m’a appris quand je monte mes propres pièces, j’ai acquis un schéma de pensée similaire au sien (d’ailleurs, ça m’effraie moi-même parfois, j’ai littéralement l’impression d’être une mini-lui en moins douée et moins expérimentée). Pour ce qui est du théâtre et de ma pratique théâtrale, cela me convient par facilité, je l’admets volontiers, et parce que je n’ai jamais réellement senti le besoin de sortir de ce schéma d’imitation. Je m’amuse ainsi, ma compagnie se porte bien et nos pièces ont du succès à notre petit niveau amateur. N’ayant pas envie de me professionnaliser et n’ayant pas la responsabilité d’un autre être vivant, je m’en contente sans arrière-pensée.

À l’inverse, on peut aussi être le résultat d’une multitude d’apprentissages différents, que ce soit parfois qu’on ait eu de nombreux professeurs différents au cours du temps ou parce que nos sources d’inspiration sont variées.

Sortir en extérieur un exercice esseniel dans le travail du cheval sur le blog équestre Instant Équin

C’est OK aussi de ne pas le faire.

Avec les chevaux, j’ai fait le choix de ne me revendiquer d’aucune méthode. Ça n’a pas toujours été le cas par le passé, selon mes rencontres et mon niveau d’éducation à ce moment-là. J’ai eu ma période Parelli à fond quand j’ai eu commencé le travail à pied avec Melo, le premier cheval « vraiment à moi » le temps d’un été par exemple. Je lisais bien d’autres bouquins, mais c’était Parelli que j’appliquais (sans rien y avoir pipé d’ailleurs), c’était ça que je voulais suivre et rien d’autre. Bon. Je n’avais pas compris grand chose à l’équitation à cette époque.

Ensuite, je ne me souviens pas avoir eu d’autres périodes. Des convictions à la con, j’en ai eu à la pelle et je n’en suis plus très fière aujourd’hui. La sensation de bien faire les choses, je l’ai eu aussi, mais je n’avais pas mieux compris. D’ailleurs, j’en ai sans doute encore beaucoup aujourd’hui ! On progresse tous les jours il paraît, à condition de savoir se remettre en question. 🤪 Mais aujourd’hui, je ne me revendique plus d’aucune méthode. Je n’ai plus envie de suivre uniquement La Cense, ou Parelli, ou même la vague de l’éducation positive et du 100% R+. Je n’ai pas non plus envie de me cataloguer dans les cavaliers de concours et leur pratique ultra-sportive. Il y a des gens qui m’inspirent, tu vois, et aucun d’eux ne suit qu’une seule méthode. Au mieux, ils ont la leur.

  • J’aime le travail à pied, classique ou moins classique.
  • J’aime l’éducation positive et j’ai envie d’intégrer le clicker training dans mon travail, simplement parce que je vois que ça plait à Hero.
  • J’aime l’équitation classique.
  • J’aime l’équitation complice, où le cheval est un partenaire et non pas une machine.

Et j’ai bien envie de trouver ma voie dans tout ça, sans me cantonner à suivre une méthode déjà écrite. Avec Melo, avec Bibou, avec Lino, avec Hero, je tâtonne toujours mais c’est ça qui était et qui est toujours cool aujourd’hui. Je pique à droite et à gauche, je garde ce qui m’inspire et qui me correspond, et je laisse de côté le reste. D’ailleurs, je ne le laisse pas forcément pour toujours ! Parfois, ça pourra m’être utile des semaines, des mois ou des années après, parfois juste une fois, parfois pour l’inclure dans ma méthode de travail personnelle.

Même que des fois, des trucs qui me paraissaient complètement cons ou aberrants me reviennent en pleine figure simplement parce que je ne les avais pas compris à l’époque, ou que je n’avais ni l’envie ni l’état d’esprit pour les accepter. J’ai passé une bonne dizaine d’années à cracher sur le travail à la friandise qui m’apparaît aujourd’hui comme une excellente alternative de travail. Comme quoi… 😁

 

Be Bop Blues sur le blog équestre Instant Equin sur le sujet de la méthode équestre

Un discours classique dans un univers équestre morcelé

J’ai l’impression que tout ce que je dis là, il s’agit d’un discours plutôt commun sur Internet ou même au quotidien. Les gens disent piocher de ci de là pour leur travail avec les chevaux… Mais généralement, je reste un peu perplexe. (Ou, disons-le carrément, complètement sceptique.) J’ai souvent à faire à des personnes qui se disent prêtes à prendre un peu de tout mais qui rejettent en bloc certaines choses parce que ça vient d’ici ou de là. Bah… Et alors ? Si ça fonctionne ? Mieux, si ça présente un réel intérêt pour toi et ton cheval, dans le respect de tes croyances ? Faut-il le rejeter parce que ça se prétend de telle ou telle méthode ? C’est un peu l’effet inverse du coup… On ne se prétend d’aucune méthode et on rejette de fait tout ce qui provient d’un méthode donnée. Ou au contraire, on s’enferme si bien dans une même méthode (parfois sans s’en rendre compte d’ailleurs) qu’on refuse d’en sortir. Bref, j’ai finalement assez peu l’impression de croiser des personnes ne s’affirmant d’aucune méthode précise et offrant en parallèle un vrai travail basé sur de la recherche personnelle et l’expérience.

Il m’arrive par exemple de parler des Horsenalities (que j’aime beaucoup, soit dit en passant, et auxquelles je consacrerai très vite un article pour expliquer pourquoi je les adore), ce à quoi on me répond souvent : « Ah oui, mais c’est Parelli. » Généralement, j’ai pour réaction un grand « ??? ». Oui, ça vient de Parelli, c’est vrai, je ne dirais pas l’inverse. Mais… Et alors ? Est-ce que, parce que j’apprécie un outil mis au point par Parelli, je me revendique Parelliste ? Pas le moins du monde. Est-ce que ça remet en cause l’intégralité de mon travail parce que telle personne a visiblement Parelli en horreur (ou du moins de l’apprécie pas plus que ça) ? Je ne crois pas non plus. Je ne me revendique d’aucune méthode mais ce n’est pas pour autant que je n’utilise aucun outil issu d’une méthode. Simplement… Je n’applique pas qu’une seule méthode, ou disons que j’emploie des outils issus de diverses méthodes. Vois-tu la nuance ? (Cela dit, même si j’étais Parelliste, je n’y verrai pas là non plus un secret honteux qu’il me faudrait dissimuler. Pat Parelli est un homme de cheval dont la méthode possède de très nombreux bons côtés… à condition d’avoir pris la peine d’en comprendre les mécanismes et l’application, ce que ne font pas 95% des utilisateurs. Mais ces mêmes utilisateurs ne prennent généralement pas non plus la peine de saisir les intérêts des autres méthodes existantes, font de belles bêtises et viennent ensuite se plaindre et répandre des énormités sur le net. Schéma commun.)

Travailler son jeune cheval : méthode de travail sur le blog équestre Instant Équin avec Hero de Garros et Tao en éducation positive avec renforcement positif et clicker training avec friandise

Mais justement, pourquoi se prétendre d’aucune méthode ?

Simplement parce que j’aime voir plus loin que le bout de mon nez et que je déteste me cantonner à une seule chose. Je suis une touche-à-tout, c’est d’ailleurs pour cela que mes deux disciplines favorites en concours sont le concours complet d’équitation et l’endurance. À elles deux, je touche un panel de disciplines relativement larges et tout à fait complémentaires entre elles. Je n’ai pas envie d’avoir un cheval champion de CSO ni de me savoir capable d’enchaîner 130. Par contre, j’ai envie d’avoir les connaissances suffisantes pour savoir être aussi qualitative sur le plat qu’en saut, sur un cross ou en entraînement de fond pour l’endurance. Pour mes chevaux, je veux simplement pouvoir les amener à leur meilleure version d’eux-mêmes à partir de ce qu’ils sont à la base et non ce que je voudrais qu’il soit (ceci étant l’objectif à atteindre dans le plus grand respect de… ce qu’ils sont à la base quand même !). En fait, j’ai juste envie d’être capable de travailler mon cheval sous tous ses aspects, de manière confortable et respectueuse pour lui, en faisant de lui un partenaire plus qu’un objet de réussite. Si, pour parvenir à ces fins-là précisément, je dois piocher dans toutes les méthodes existantes, alors je le ferai. Si je trouve de nouveaux exercices/techniques idéales à un moment T pour un cheval précis, je les prendrai. Si, pour le travail d’un seul cheval, je dois n’utiliser les outils d’une seule méthode, alors je le ferai. Si je dois tout prendre pour un cheval, eh bien… Je le ferai. Je n’ai aucun mal à dire que j’apprends tous les jours, que j’évolue et me remet en question tous les jours et que le cadre un peu trop fermé de l’utilisation d’une unique méthode ne correspond pas suffisamment à ce désir d’évolution.

Je pense que la seule limite lorsqu’on pioche partout, c’est de parvenir justement à concilier ces différentes cartes ensemble sans embrouiller ni son cheval ni nous-même. Cela demande du tact, de la réflexion, encore un peu de remise en question… Et pas mal d’erreurs aussi, ce qui n’est pas grave. 😙

Pour terminer, je tiens à dire que ne me revendiquer d’aucune méthode ne m’empêche aucune d’approfondir une méthode. Je ne sais pas si l’idée est claire mais malgré ma philosophie de travail, ça ne m’empêche pas de suivre La Cense ou Andy Booth de près et si j’avais l’occasion de passer les degrés avec un cheval ou de suivre le step 1 et 2, je le ferai avec enthousiasme, juste pour maîtriser le sujet et savoir m’en servir lorsque ce sera opportun.

Et toi ? Comment fonctionnes-tu dans ton apprentissage et dans ton travail avec les chevaux ? Plutôt touche-à-tout ? Plutôt amatrice d’un chemin tracé ?